Un administrateur système qui quitte l’entreprise en conservant ses accès. Un prestataire externe qui dispose toujours des identifiants root de vos serveurs. Un compte de service oublié depuis trois ans avec des droits d’administration étendus.
Ces situations, bien réelles, représentent autant de failles majeures dans la sécurité de votre système d’information. La gestion des accès privilégiés — ou PAM (Privileged Access Management) — répond précisément à ces risques que trop d’entreprises sous-estiment encore.
Votre entreprise compte probablement des dizaines ou des centaines de comptes disposant de droits élevés sur votre infrastructure. Administrateurs réseau, responsables applicatifs, équipes techniques externes : tous manipulent quotidiennement des accès qui, s’ils tombaient entre de mauvaises mains, compromettraient l’ensemble de votre système d’information.
Un accès privilégié se distingue d’un compte utilisateur classique par sa capacité à modifier des configurations critiques, à accéder à des données sensibles ou à installer des logiciels sur vos serveurs et équipements réseau. Concrètement, ce sont les clés du royaume.
Le problème ? Ces comptes sont souvent mal inventoriés, rarement soumis à une politique de gestion des mots de passe stricte, et leur utilisation échappe fréquemment à toute surveillance des accès. Dans une PME ou une ETI, les mêmes identifiants circulent parfois depuis des années entre plusieurs collaborateurs, sans traçabilité ni contrôle d’accès véritable.
Les comptes à privilèges constituent la cible prioritaire des attaquants pour plusieurs raisons:
Les conséquences d’une compromission de compte privilégié dépassent largement le périmètre technique. Entre la perte ou le vol de données stratégiques, l’interruption d’activité, les sanctions réglementaires (RGPD, NIS2, réglementations sectorielles) et l’atteinte à votre réputation, les impacts business se chiffrent rapidement en dizaines de milliers d’euros — quand ce n’est pas davantage.
Une solution de gestion des accès privilégiés repose sur plusieurs mécanismes complémentaires qui, ensemble, forment un système de sécurité cohérent pour la protection des informations critiques de votre entreprise.
Au cœur de toute solution PAM se trouve un coffre-fort chiffré qui centralise l’ensemble des identifiants à privilèges. Exit les mots de passe stockés dans des fichiers Excel ou partagés par messagerie, une pratique encore courante, y compris dans des entreprises par ailleurs rigoureuses sur leur sécurité des données.
Ce coffre-fort ne se contente pas de stocker : il gère automatiquement la rotation des mots de passe selon une politique de sécurité définie. Un mot de passe peut ainsi être modifié après chaque session, rendant inopérant tout identifiant qui aurait été copié ou mémorisé à mauvais escient.
Plutôt que d’attribuer des droits permanents à vos administrateurs, la solution PAM fonctionne sur le principe du « juste à temps » (Just-In-Time). Un technicien qui doit intervenir sur un serveur ne reçoit les accès nécessaires que pour la durée de son intervention, avec un périmètre strictement limité à sa mission.
Cette approche réduit considérablement la surface d’attaque. Si un compte est compromis, les dégâts potentiels restent circonscrits dans le temps et dans l’étendue des droits accordés.
Chaque action réalisée avec un compte privilégié peut être enregistrée, y compris sous forme vidéo pour les sessions graphiques. Cette analyse des logs exhaustive répond à plusieurs objectifs : gestion des incidents de sécurité en cas de problème, conformité réglementaire pour les audits de sécurité, et effet dissuasif sur les comportements à risque.
La confusion est fréquente entre PAM et IAM (Identity and Access Management). Ces deux approches de la gestion des identités sont complémentaires, mais couvrent des périmètres distincts.
L’IAM gère le cycle de vie de l’ensemble des identités au sein de votre organisation : création des comptes à l’arrivée d’un collaborateur, attribution des droits selon son profil métier, révocation à son départ. Son périmètre est large et concerne tous les utilisateurs.
Le PAM se concentre exclusivement sur les comptes à privilèges — une population bien plus restreinte, mais infiniment plus critique en termes de gestion des risques. Les mécanismes diffèrent également : là où l’IAM s’appuie sur des processus RH et des workflows d’approbation, le PAM mobilise des technologies de coffre-fort, d’enregistrement de sessions et d’authentification forte renforcée.
Dans une architecture de sécurité des systèmes d’information mature, les deux solutions coexistent et s’interfacent. L’IAM identifie qui a besoin d’accès privilégiés ; le PAM contrôle comment ces accès sont utilisés.
Une solution PAM sans authentification multi-facteurs serait comparable à un coffre-fort dont on laisserait la clé sur la serrure. Avant d’accéder aux identifiants privilégiés, chaque administrateur doit prouver son identité par au moins deux facteurs distincts.
Plusieurs technologies coexistent, chacune avec ses avantages et ses contraintes :
L’authentification biométrique (empreinte digitale, reconnaissance faciale) offre un excellent compromis entre sécurité et facilité d’usage. Elle reste toutefois dépendante de capteurs physiques qui doivent équiper les postes de travail concernés.
Les tokens matériels (clés USB de type YubiKey, cartes à puce) garantissent un niveau de sécurité très élevé. Leur déploiement implique une logistique de distribution et de gestion des certificats numériques qui peut rebuter les organisations moins matures.
Les applications d’authentification sur smartphone (Microsoft Authenticator, Google Authenticator) constituent souvent le meilleur point d’entrée pour les PME et ETI. Leur coût de déploiement est faible et l’expérience utilisateur reste fluide.
Quelle que soit la méthode retenue, l’essentiel est de supprimer définitivement l’accès aux comptes privilégiés par simple mot de passe. Cette sécurité des mots de passe renforcée représente un premier pas décisif dans votre politique de gestion des accès.
Combien de comptes à privilèges existent dans votre système d’information ? Qui les utilise ? Pour accéder à quelles ressources ? Dans beaucoup d’entreprises, la réponse à ces questions reste floue. Or, impossible de sécuriser ce qu’on ne connaît pas.
Cette phase d’audit des accès révèle généralement des surprises : comptes de service orphelins toujours actifs, anciens prestataires conservant des droits d’administration, mots de passe inchangés depuis des années. Ce diagnostic initial, parfois inconfortable, constitue le socle indispensable de toute démarche de gestion des vulnérabilités.
Tous les accès privilégiés ne présentent pas le même niveau de criticité. Un compte administrateur sur le contrôleur de domaine Active Directory n’appelle pas les mêmes mesures de protection qu’un accès root sur un serveur de développement isolé.
Cette classification permet de prioriser le déploiement et d’adapter les contrôles à chaque niveau de risque. Les comptes les plus sensibles bénéficieront d’une rotation de mot de passe systématique après chaque session et d’un enregistrement vidéo des actions ; les autres pourront se contenter de mesures plus légères.
Une approche par phases, en commençant par les périmètres les plus critiques, permet de démontrer rapidement la valeur de la solution et d’embarquer progressivement les équipes techniques.
Les accès privilégiés ne concernent pas uniquement vos serveurs et équipements réseau. Vos applications métier (ERP, CRM, outils de gestion financière) comportent elles aussi des comptes d’administration qu’il convient de sécuriser.
La sécurité des applications passe notamment par le contrôle des accès aux interfaces d’administration, souvent accessibles via le web et donc potentiellement exposées. Une solution PAM moderne sait gérer ces accès applicatifs en plus des accès système, offrant une vision unifiée de l’ensemble des comptes à privilèges de votre organisation.
La protection des accès s’étend également aux comptes de service utilisés par vos applications pour communiquer entre elles. Ces comptes « non humains », dont les identifiants sont souvent codés en dur dans des fichiers de configuration, représentent un angle mort fréquent dans les politiques de sécurité des entreprises.
Les référentiels de sécurité (ISO 27001, recommandations ANSSI) et les réglementations sectorielles exigent une maîtrise des accès privilégiés. Avec une solution PAM, vous disposez nativement des traces et des preuves de contrôle attendues lors d’un audit de sécurité. Le temps passé à préparer les audits diminue significativement.
Un PAM bien configuré simplifie le quotidien des administrateurs. Plus besoin de mémoriser des dizaines de mots de passe complexes ou de les chercher dans des fichiers dispersés. L’accès aux ressources devient plus fluide, car centralisé et automatisé.
Grâce à l’analyse des logs et à l’enregistrement des sessions, vos équipes peuvent retracer rapidement les actions réalisées et identifier l’origine du problème. Cette capacité d’investigation accélère le retour à la normale.
Depuis plus de 20 ans, nos équipes techniques accompagnent les PME et ETI dans la sécurisation de leur système d’information. La gestion des accès privilégiés fait partie des sujets que nous traitons régulièrement, avec une approche qui nous est propre.
Nous ne proposons pas de solution PAM « clé en main » identique pour tous. Chaque entreprise présente une maturité différente, des contraintes spécifiques, un budget propre. Notre démarche commence systématiquement par un audit de sécurité de vos pratiques actuelles en matière de gestion des droits et de contrôle d’accès.
Nous travaillons avec plusieurs éditeurs de solutions PAM, ce qui nous permet de vous recommander la solution réellement adaptée à vos besoins — et non celle qui nous rapporte la meilleure marge. Cette transparence fait partie de nos engagements de business partner.
Le déploiement d’une solution PAM ne s’arrête pas à l’installation technique. Nos équipes vous accompagnent dans la définition de votre politique de gestion des accès, la formation de vos administrateurs, et le suivi opérationnel post-déploiement. Parce qu’un outil, aussi performant soit-il, ne vaut que par l’usage qu’on en fait.
La sécurité de votre SI est un sujet trop stratégique pour être traité à la légère. Si vous vous interrogez sur la manière dont vos accès privilégiés sont gérés aujourd’hui, c’est probablement le bon moment pour en parler.
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